Très impliquée dans la délégation que lui a confiée Carole Delga, autour de l’animation de la vie associative, la conseillère régionale Rachida Lucazeau revient sur la récente polémique quant au financement des associations.
Rachida Lucazeau en tant que conseillère régionale déléguée à la vie associative, dans la majorité de Carole Delga, que vous inspire le récent dossier à charge du Journal du Dimanche contre la prétendue dérive financière des associations ?
A force de transformer les chiffres en slogans, on finit par oublier ce qu’ils recouvrent. Non, les associations n’engloutissent pas 60 Milliards !
Le débat mérite mieux qu’un chiffre choc ! Le vrai scandale serait de ne plus regarder ce que les Associations rapportent !
Cette affirmation est lourde. Le chiffre est spectaculaire. Mais derrière le spectacle, il faut regarder la réalité.
Car non, les assos ne reçoivent pas 60 Milliards de subventions. Ce chiffre additionne des réalités très différentes : subventions, commandes publiques qui correspondent à des prestations réalisées par les collectivités ou l’Etat, ainsi que des dépenses fiscales liées aux dons et au mécénat.
Cette nuance n’est pas technique. Elle change profondément le sens politique du chiffre.
Que représente selon vous le tissu associatif ?
Les associations ne sont pas une dépense. Nous savons ce qu’elles représentent. Elles sont dans nos villages, nos quartiers, nos villes.
Elles font vivre nos clubs sportifs, elles organisent nos festivals, elles accompagnent les jeunes, les personnes âgées, celles en situation de handicap ou de précarité, les femmes qui subissent des violences, font vivre l’éducation populaire et la culture. Et surtout, elles reposent sur une force que l’argent public ne peut pas acheter : l’engagement bénévole de centaine de milliers de citoyens.
Alors, oui, l’argent public doit être contrôlé, oui, les subventions doivent être transparentes, oui, les résultats doivent pouvoir être évalués. Mais contrôler l’argent public ne signifie pas jeter la suspicion sur celles et ceux qui le transforment chaque jour en actions concrètes, qui protègent un choix de société.
Cette exigence ne doit pas devenir un prétexte pour fragiliser un secteur déjà confronté à son épuisement.
Derrière les dossiers de subvention, il y a des salariés, des bénévoles. Derrière les conventions, il y a des salariés, derrière les budgets, il y a des projets et derrière ces projets, il y a souvent des habitants qui refusent de regarder leurs territoires se défaire.
La Région Occitanie est particulièrement engagée dans le soutien aux associations et notamment aux bénévoles ?
Lorsqu’une région comme l’Occitanie finance une association, elle fait un choix politique, en reconnaissant des citoyens qui s’engagent. Nous faisons confiance aux assos qui agissent au quotidien pour l’égalité, la culture, le sport, la solidarité, l’environnement, l’éducation populaire et la cohésion de nos territoires. Je le répète : ce n’est pas une dépense, mais un investissement. Une subvention qui permet à une association de faire vivre un territoire n’est pas de l’argent englouti, c’est de l’argent qui agit !
Cette confiance n’exclut ni contrôle, ni exigence. Elle les rend, au contraire, possibles.
A titre d’exemple et sous l’autorité de notre présidente, Carole Delga, très attachée au tissu associatif, nous avons lancé, cette année, une stratégie régionale en faveur des associations et du bénévolat, avec notamment l’ambition de mettre un coup de projecteur sur l’engagement bénévole dans tous les territoires.
Nous poursuivons trois objectifs principaux : faire connaître et mieux accompagner le monde associatif grâce au portail des associations, donner envie aux jeunes de s’engager avec l’opération les Défis solidaires et enfin valoriser celles et ceux qui s’engagent avec le concours photo.
Nous sommes fiers de notre tissu associatif régional et nous cherchons à le défendre et à la valoriser. Nous avons 160 000 associations en Occitanie.1,4 million de bénévoles.170 000 emplois associatifs. La Région consacre environ 40 M€ par an au soutien aux associations de proximité.
Nous célèbrerons les bénévoles, le 11 décembre, afin de mettre en valeur des femmes et ces hommes dont nous sommes si fiers. Ce sont aussi des piliers de la République en Commun que nous sommes en train de rebâtir autour de Carole Delga.
La vraie question n’est donc pas : combien coûtent les associations mais plutôt que serait notre société si elles n’étaient plus là ?