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Témoignages

Bram 2026 : Les inégalités en héritage ?

Publié le 25 septembre 2026
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Héritage, travail, retraite : derrière ces débats, une même question, celle de la persistance des inégalités. À Bram, les participants à la table ronde «  Travail, retraite, héritage… » ont confronté leurs réponses pour mieux partager les richesses, donner davantage de valeur au travail et lutter contre la reproduction sociale.

Aujourd’hui en France, le capital rapporte plus que le travail, mieux vaut être rentier que salarié : ce constat a réuni les participants à la Table ronde «  Travail, retraite, héritage » des Rencontres de Bram.

Rémy Goubert, premier secrétaire du PS du Cantal, assume une réponse radicale développée dans son livre, «  Faut-il abolir l’héritage ? » (L’Harmattan) : oui, en exemptant juste la maison familiale, et en créant avec l’argent ainsi dégagé une dotation universelle de 50 000 euros versée à tous les jeunes à 18 ans.

Abolir, non, taxer davantage, oui, nuance le sénateur PS de l’Oise Alexandre Ouzille, qui pointe l’attachement d’une grande majorité des citoyens au principe même de l’héritage. Il s’agirait, selon un projet développé dans un rapport pour la Fondation Jean-Jaurès, d’augmenter le prélèvement sur les 1% d’héritages les plus élevés, afin de financer les investissements, notamment dans la transition écologique.

La députée européenne sociale-démocrate Estelle Ceulemans, ancienne responsable de la FGTB (Fédération générale du travail de Belgique), détaille la bataille inlassable menée au parlement de Strasbourg pour que le travail paie davantage que le capital. Elle souligne au passage que les eurodéputés du RN votent toujours, avec les autres forces d’extrême droite, les textes favorisant le capital. Elle met aussi en garde contre la thèse d’une «  guerre des générations » autour de l’héritage et de la retraite : un leurre, selon elle, destiné à détourner l’attention des inégalités de classe.

A la fin, ce sont toujours les mêmes qui casquent
Antonio Rodriguez Castineira, journaliste à l’AFP

«  A la fin, ce sont toujours les mêmes qui casquent », résume Antonio Rodriguez Castineira, journaliste à l’AFP et auteur d’un livre sur les conséquences de la crise financière de 2008, « Les chemins de la colère » (Bayard). Et il cite Dominique Strauss-Kahn lui déclarant que « les populismes sont le produit direct de la crise des subprimes et de la manière dont elle a été gérée », privilégiant le sauvetage des banques sur le pouvoir d’achat des salariés, soit le capital sur le travail.

A noter enfin, en marge du thème premier, une divergence entre Rémy Goubert, partisan d’une présence renforcée des syndicats dans la direction des entreprises, et Estelle Ceulemans, pointant le risque de confusion qu’elle entrainerait – un sujet pour l’édition 2027 ?

Francis Brochet, animateur de la table ronde «  Travail, retraite, héritage… »

 

© Crédit photo : Benjamin VODANT

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