Lycéens : «  Nous avons le sentiment d’être entendus, mais pas réellement écoutés »

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Les mobilisations de ces dernières semaines le montrent : les lycéens ont des choses à dire. Ils veulent les exprimer de manière pacifique et demandent à être entendus. Nous avons fait le choix de leur donner la parole. A Lilou, Ysouane, Nicolas, Elisa, Titouan, Celya et Manon. Toutes et tous sont élèves au lycée Joseph Saverne à L’Isle-Jourdain, dans le Gers. Ils composent le bureau local de la fédération gersoise de l’USL (Union Syndicale Lycéenne). Ils nous livrent leur regard sur leur lycée, sur leurs revendications et sur la mobilisation nationale.

Jusqu’ici, comment s’est passée la mobilisation dans votre lycée ?

La mobilisation s’est très bien passée et est restée pacifique. Que ce soit lors de la manifestation du jeudi 1er octobre devant le lycée Joseph-Saverne ou de celle du mardi suivant à la gare d’Auch, tout s’est déroulé dans de bonnes conditions. Nous avons également été reçus par le préfet et les services de l’Éducation nationale. Cependant, nous avons le sentiment d’avoir été entendus sans être réellement écoutés.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous mobiliser ?

Ce qui nous a poussés à nous mobiliser, c’est d’abord la solidarité avec les autres lycéens : nous avons vu qu’ils subissaient des difficultés dans lesquelles nous nous reconnaissions. C’est aussi un ras-le-bol face à l’accumulation des réformes scolaires : la prise en compte de l’orthographe dans la notation du bac, l’instauration à la dernière minute du bac de maths, avec des programmes mal définis et des moyens insuffisants, qui limitaient notamment les élèves sans spécialité maths à une heure de cours par semaine. Enfin, l’interdiction du téléphone portable, annoncée quelques jours avant la rentrée, a été la goutte d’eau de trop. Nous en avons assez de subir des réformes présentées comme étant faites pour notre bien, mais qui ne tiennent pas suffisamment compte de la réalité des élèves et des établissements. C’est ce ras-le-bol, mais aussi notre volonté de soutenir les autres lycéens, qui nous a conduits à nous mobiliser.

Parmi les revendications des lycéens : l’organisation des emplois du temps. Qu’en pensez-vous ?

Les emplois du temps sont très inégaux. La réforme du bac a éclaté les groupes-classes et compliqué leur organisation. Certains élèves terminent régulièrement vers 17h30 heures, tandis que d’autres finissent à midi. Les options, pourtant importantes pour améliorer les dossiers scolaires, ajoutent aussi beaucoup d’heures de cours et de travail personnel, parfois au détriment de la vie personnelle.

Quel est votre avis sur Parcoursup ?

Nous sommes très critiques envers Parcoursup, dont les algorithmes nous semblent renforcer le tri social. Le système prétend reposer sur le mérite, mais les inégalités entre les élèves influencent aussi leurs chances d’accéder aux formations. Nous dénonçons également le manque de transparence des critères de sélection et souhaitons une orientation plus juste, qui ne pénalise pas les élèves selon leur origine sociale.

Si vous pouviez changer une seule chose dans votre lycée, laquelle choisiriez-vous ?

Notre priorité serait d’avoir un self indépendant de celui du collège voisin. Le partage de la restauration entraîne des problèmes d’organisation et empêche parfois certains élèves de manger correctement. Nous aimerions également améliorer le chauffage, la climatisation et la rénovation des bâtiments pour les adapter au changement climatique [la Région Occitanie lance un plan de 10 millions d’euros pour adapter ses lycées au changement climatique, NDLR]. (peut-être rédiger un article sur le sujet et renvoyer dessus ?)

Avez-vous le sentiment que les revendications des lycéens sont écoutées ?

Pour l’instant, nous avons le sentiment d’être entendus, mais pas réellement écoutés. Nous pensons que les mobilisations peuvent faire évoluer les choses si elles s’amplifient et rassemblent davantage de personnes de manière pacifique. Lorsque les institutions ne répondent pas aux revendications, la mobilisation collective reste un moyen de faire entendre la voix des lycéens et d’obtenir des changements concrets.

Propos recueillis auprès de Lilou Jean, Ysouane Schmidt, Nicolas Le Roux, Elisa Nieto, Titouan Verney, Celya Leches et Manon Convert.

UNE ACTION RENFORCÉE POUR FAIRE FACE AU CHANGEMENT CLIMATIQUE : UNE ENVELOPPE DE 10 M€ DÉBLOQUÉE PAR LA REGION OCCITANIE

La Région Occitanie est la région la plus exposée aux épisodes liés au changement climatique. Elle renforce son action pour rénover ses bâtiments et améliorer leur performance énergétique :

  • Mise en place d’actions immédiates dès mai-juin 2026 : définition de salles refuge, sensibilisation des équipes, adaptation des horaires, rafraîchissement via géothermie pour les établissements équipés ;
  • Traitement des premiers retours suite au lancement cet été d’une cartographie de vulnérabilité thermique des lycées auprès des chefs d’établissements : mise en évidence du besoin imminent d’installer des brasseurs d’air ou des films solaires sur les vitres
  • 10 M€ alloués en urgence pour préparer 2027 : au regard de l’intensification des épisodes de chaleur et de ces premières remontées, déblocage d’une enveloppe supplémentaire de 10 M€
  • Plusieurs typologies d’opérations à engager : rafraîchissement en priorité des salles d’examens pour le Bac 2027 avec l’installation de protections solaires (brise-soleil ou volets occultants), de films anti-UV sur les fenêtres, de brasseurs d’air et de climatisation au cas par cas. Des actions d’isolation thermique des bâtiments ou de renaturation des espaces extérieurs seront également engagées.

Ces nouvelles mesures s’inscrivent dans une politique d’investissement engagée depuis 2016, avec 300 M€ pour réduire leur empreinte environnementale et développer les énergies renouvelables (dont 215 M€ dans le cadre du plan d’investissement 2021-2027, soit une hausse de 153% par rapport à 2016-2020). Depuis 10 ans, cette action a permis de réduire de 17% la consommation des lycées en énergie et de 13% celle en eau (consommation annuelle moyenne de 4500 ménages).