Demain, les députés auront enfin à se prononcer sur une loi qui est débattue depuis maintenant près d’un demi-siècle en France. Demain, nos représentants auront à se prononcer sur une loi qui touche à l’une des questions les plus intimes et les plus universelles : la fin de vie.
Dans une démocratie, il est des votes qui dépassent tous les clivages partisans, politiques, philosophiques, spirituels et religieux. Ce débat en est un et chaque conviction est éminemment respectable et digne de respect.
Si nous pouvons saluer des débats qui, à l’Assemblée Nationale, ont été globalement respectueux et de haute tenue sur un sujet aussi fondamental, il est regrettable que ce débat ait été pollué par de nombreux mensonges et fake news dans le seul but de faire peur. Cela n’est pas acceptable.
Cette question ne peut se résumer à des oppositions caricaturales. Il ne s’agit ni de choisir entre la vie et la mort, ni d’opposer les soins palliatifs et l’aide à mourir. Il s’agit de reconnaître que notre République est capable d’accompagner chacun jusqu’au bout de son existence avec humanité, respect et liberté.
La France s’est toujours construite en faisant progresser les libertés individuelles tout en renforçant la solidarité collective. La fin de vie ne fait ici pas exception. Si nous nous réjouissons que le parlement ait d’ores et déjà voté la loi pour renforcer les soins palliatifs dans tous les territoires, il ne peut rejeter cette liberté demandée depuis tant d’années.
Il existe des femmes et des hommes atteints de maladies graves et incurables, confrontés à des souffrances atroces que la médecine ne peut plus apaiser, qui demandent de manière libre, éclairée et répétée, à pouvoir choisir les conditions de leur départ. Les entendre n’est pas un renoncement à protéger la vie. C’est reconnaître le bien fondé de leurs dernières volontés.
Depuis les lois Kouchner, le patient doit être au cœur de la décision médical et pouvoir réaliser en conscience ses propres choix, loin de tout paternalisme. C’est aussi ce dont il est question ici.
Le texte soumis aux parlementaires prévoit un cadre clair, des critères précis, des contrôles exigeants et protège et reconnaît la liberté de conscience de tous. Il ne créer aucune obligation et ouvre une possibilité dans des circonstances bien précises pour celles et ceux qui voudraient utiliser cette liberté.
C’est une évolution attendue par une très grande majorité du peuple français qui ne souhaite qu’une seule chose : avoir le choix en pareille situation du moment et de la manière de partir.
Le 15 juillet, nous appelons les députés à faire le choix du respect des dernières volontés des patients. Nous les appelons à avoir le courage de voter cette loi, qui ne retire aucun droit à personne mais qui ouvre, pour celles et ceux qui en auraient besoin, un ultime droit : celui de mourir conformément à sa conscience et à la conception personnelle que l’on peut avoir de sa propre dignité.
L’équipe de la République en Commun