À quelques jours de la sixième édition des Rencontres de la Gauche, qui se tiendra le samedi 19 septembre à Bram, Carole Delga revient sur cette journée et partage son analyse de la situation politique du pays.
A quelques mois d’une élection présidentielle décisive pour le pays, les Rencontres de Bram constituent un rendez-vous politique incontournable. Quel sera l’esprit de cette sixième édition ?
Bram, c’est le rassemblement de toutes celles et tous ceux qui croient encore et toujours que la politique a un rôle majeur à jouer, avec éthique et courage, et qu’elle n’est pas vouée à être spectatrice de ce monde toujours plus dur et plus injuste.
Au fond, le temps d’une journée, c’est une mini-France, qui échange et réfléchit ensemble, dans le respect des convictions de chacune et de chacun. Il y a des citoyens, pour certains éloignés de la politique, des militants, des élus, des responsables associatifs, syndicaux, économiques, des chercheurs, animés d’une même détermination : construire un projet de société positif et solidaire, capable de répondre rapidement aux urgences sociales et écologiques, de préparer l’avenir du pays en jetant les bases d’un autre modèle de développement et de refaire de la France et de l’Europe, la voix forte et entendue de la raison.
Dans cette société de l’affrontement, où les gens ont peur de la fin du mois et s’inquiètent légitimement des effets toujours plus visibles du réchauffement climatique, Bram se veut une fenêtre sur l’espoir, une respiration utile, la preuve que l’on peut faire autre chose que de subir les événements, en s’unissant sur des valeurs simples mais essentielles.
C’est un message aussi à ces Français qui, majoritairement, estiment que la gauche est désespérante alors que beaucoup d’entre eux souhaitent l’union et le sursaut et un véritable changement de politique ?
Après dix ans de macronisme et de montée de l’extrême droite, les Français souhaitent le changement dans la clarté et ils ont raison. Un changement, immédiat et en actes, notamment sur la rémunération de leur travail, l’avenir de leurs enfants, le maintien de services publics de proximité, la réindustrialisation effective du pays et l’attention à notre agriculture. Et travailler, d’arrache-pied, à une réelle anticipation sur les effets à moyen terme du réchauffement climatique et l’impact de la baisse de notre démographie.
Le fil conducteur de ce changement doit être la justice, notamment sociale et fiscale. Seule la gauche propose ce chemin : ni l’extrême droite, ni les anciens premiers ministres d’Emmanuel Macron, ne peuvent garantir une telle politique au vu de leurs bilans, de leurs programmes ou de leur idéologie libérale ! Mais, oui, cela ne peut réussir que dans la clarté : nous devons refuser l’extrémisme et le communautarisme, la violence dans le débat public et tout projet politique qui fait s’affronter les Français les uns contre les autres.
Voilà pourquoi j’estime que Raphaël Glucksmann est le meilleur candidat pour la gauche. Parce qu’il a fait la preuve, de Bruxelles à Paris en passant par Kiev, de la sincérité de ses engagements et de ses combats. Parce qu’il a toujours eu à cœur de rassembler, de fédérer les énergies aussi diverses soient-elles car il croit au dialogue et la capacité des Français à se rassembler sur des objectifs concrets et atteignables.
Il y a six ans, vous lanciez la République en commun, ici à Bram. Vous la croyez toujours possible ?
Possible et surtout souhaitable au vu des derniers mois. De la crise américano-iranienne aux gigantesques feux de forêts de cet été, chacune et chacun sent bien que l’on ne peut plus continuer ainsi. Le sentiment d’impuissance que dégage la politique ou plutôt l’absence de politique nourrit le déclinisme et la fatalité. Or, l’alternative est claire : soit le désordre continue et s’intensifie avec l’extrême droite, soit nous transformons la colère sourde et légitime qui vient du plus profond du pays, en une dynamique d’espoir.
La République en commun, ce n’est pas un slogan : c’est une nouvelle façon d’être et de vivre ensemble, un nouveau contrat social garantissant un progrès de nouveau partagé, un nouveau pacte de confiance entre les Français et celles et ceux qui les représentent au quotidien. Avec des valeurs et des principes. Avec le sens du devoir et de la responsabilité. Beaucoup de Français estiment que l’on ne les respecte pas assez.
Pour moi, il est plus que temps de respecter également ce que nous sommes et nous distingue comme nation : un peuple qui montre que le pire n’est jamais certain, prêt à écrire une nouvelle page de son histoire.