Selon le premier baromètre du Conseil constitutionnel consacré au regard des Français sur la démocratie et les institutions, les Français restent profondément attachés à notre démocratie et aux fondements de notre République. Alors que la défiance vis-à-vis de nos dirigeants est toujours plus forte, notre vie démocratique a tout à gagner à se renouveler afin d’être à la hauteur de cet attachement.
Bien sûr, il y a l’abstention. Toujours plus implacable d’élection en élection. Près de 43 % lors des dernières élections municipales. Bien sûr, cette abstention inquiète et interpelle à bien des égards.
Elle dit beaucoup du fossé parfois béant entre les attentes légitimes des Français et l’offre politique telle qu’elle leur est présentée aujourd’hui.
Elle dit aussi beaucoup du sentiment de dépossession que peuvent éprouver nos concitoyens vis-à-vis des décisions publiques. L’impression que ces décisions se prennent sans eux, par des responsables politiques totalement déconnectés de leurs préoccupations.
Les deux quinquennats d’Emmanuel Macron auront aggravé cette fatigue démocratique. Quand des milliers de Français prennent du temps à noircir des cahiers de doléances qui prennent ensuite la poussière, quel poids donne-t-on à la parole citoyenne ? Quand plus d’un million de manifestants se mobilisent contre la réforme des retraites et qu’elle est malgré tout imposée, quel crédit accorde-t-on à la mobilisation citoyenne ? Comment s’étonner ensuite de la défiance des Français vis-à-vis de la vie politique ?
A un an de l’élection présidentielle et des élections législatives, c’est l’ensemble de la classe politique qui doit d’urgence se remettre en question et regarder cette vérité en face.
Mais si les Français se détournent de leurs responsables politiques, ils ne se détournent pas pour autant d’un pilier fondamental : notre démocratie.
Selon le baromètre du Conseil constitutionnel, près de 9 Français sur 10 (88 %) déclarent être attachés à la démocratie. Les Français qui boudent habituellement les urnes ne sont pas en reste. Les jeunes citoyens français de 18-24 ans sont 83 % à affirmer leur attachement pour notre démocratie. Ils sont également 85 % chez les classes moyennes et populaires.
Attachés donc, et concernés. Inquiets même, pour 80 % des Français qui la considèrent en danger.
Des chiffres univoques qui en disent long sur l’importance de notre démocratie dans le cœur des Français, malgré les menaces lancinantes qui pèsent sur elle.
En réalité, nos concitoyens continuent de la considérer comme le meilleur régime politique et ils ne contestent nullement ses fondements. Ce qu’ils contestent, c’est la manière dont la démocratie est pratiquée par nos dirigeants. Ils se lassent de ne pas peser réellement sur la décision publique. De ce fait, les rendez-vous électoraux leur semblent de moins en moins décisifs.
Notre démocratie peut et doit se renouveler. Les innovations démocratiques se multiplient partout dans le monde. A tous les niveaux de la décision publique, des solutions existent pour rapprocher les citoyens des décisions qui les concernent. Dès 2018, sous l’impulsion de Carole Delga, la région Occitanie a été la première à déployer des outils de démocratie participative. Des outils essentiels car, si les Français sont très majoritairement démocrates, notre vie démocratique a tout à gagner à s’ouvrir, à respirer et à accepter le partage de la décision publique.
L’équipe de la République en Commun