Loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles : un grand pas pour la dignité

Publié le 16 octobre 2026
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Mes chers amis,

Il est des jours où le soleil brille sur notre République. Ce 13 octobre 2026 restera gravé dans les mémoires de celles et ceux qui luttent depuis des décennies contre les violences sexuelles et sexistes.

Ce combat acharné a mis des années à devenir une absolue priorité aux yeux de toutes et tous. La femme de gauche que je suis, éprise des valeurs d’égalité et de justice, ne peut donc rester insensible à cette avancée incontestable, historique même que constitue le vote de la loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes à l’encontre des femmes et des enfants

L’Assemblée Nationale a adopté, à l’unanimité, la loi dite intégrale contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants.

On estime que 160 000 enfants et 230 000 femmes sont victimes de telles agressions chaque année. 80 % de leurs plaintes sont classées. C’est trop, c’est même insupportable.

Des années de combat des associations, des victimes, des féministes se voient ainsi récompensées et gravées dans le marbre de la loi.

La prise de conscience est enfin à la hauteur des enjeux.
Carole Delga

Je salue cette mobilisation historique décisive dans ce combat digne et juste.

Je veux rendre hommage Céline Thiébault-Martinez,  députée socialiste, rapporteure générale de cette loi à l’origine de la forte mobilisation des parlementaires, toutes tendances confondues.

Je renouvelle ma gratitude à mon ami David Taupiac, député du Gers et conseiller régional, l’un des rapporteurs spéciaux, très engagé dans ce combat. N’oublions jamais que la tragique mort de la petite Lyhanna, 11 ans, au printemps dernier, dans le Gers,  a permis de catalyser les volontés d’agir pour sortir de l’ombre. Je pense à elle et à toutes les victimes innocentes aujourd’hui.

Je veux rendre hommage à celles et ceux qui ont permis que les paroles se libèrent afin que les femmes et les enfants victimes puissent enfin être entendues. C’est un progrès considérable qui n’aura été possible que grâce à la détermination de pionnières, ces femmes de l’ombre rejointes, année après année, par d’autres.

Le mouvement ainsi enclenché est devenu irréversible. Nous l’avions évoqué lors de la sixième édition des Rencontres de la gauche, à Bram, le 19 septembre dernier, à l’occasion d’une table ronde qui avait réuni 200 personnes. La prise de conscience est enfin à la hauteur des enjeux.

Cette loi intégrale porte des avancées incontestables dans cette lutte. Elle introduit 130 dispositions transversales  dans l’ensemble des domaines où ces violences s’exercent : enfance, éducation, santé, monde du travail.

Parmi les principales dispositions, je retiens la création de juridictions spécialisées, celle d’un délit spécifique pour l’inceste étendu aux cousins germains. Mais aussi l’instauration d’un entretien individuel annuel obligatoire pour chaque élève, de la maternelle à la terminale, afin de libérer la parole et de détecter au plus tôt les violences subies. Et encore la reconnaissance des violences économiques et médicales.

C’est désormais aux sénatrices et sénateurs d’examiner ce texte de loi. Je ne doute qu’ils seront se montrer à la hauteur de ces enjeux.

Enfin, je veux souligner que cette loi ne sera efficace que si les moyens financiers alloués par l’Etat sont à la hauteur. Le gouvernement évoque un fonds de 1 milliard d’euros. Ce n’est pas suffisant. Les députés et les associations évaluent les besoins à 3 milliards d’euros chaque année.

Au-delà des paroles, il convient de poser des actes pour que cette loi intégrale ne soit pas un coup d’épée dans l’eau.

Les tragédies vécues par nos mères, nos amies et nos enfants méritent mieux que des effets de manche.

Carole Delga