Articles
Bram

BRAM 2026 : Violences sexistes et sexuelles protection de l’enfance, l’urgence d’agir !

Publié le 29 septembre 2026
Partager
BENJAMINVODANT-BRAM2026-TABLERONDEVSS-003
Partager

Près de 200 personnes ont assisté, lors des 6ème  Rencontres de la Gauche à Bram, à la table ronde sur le fléau des violences sexistes et sexuelles et l’indispensable protection de l’enfance. Une heure et demie de réflexion partagée, loin du tumulte des sordides affaires qui ont défrayé la chronique.

Pour l’occasion, Carole Delga avait souhaité réunir un plateau d’invités à la compétence reconnue et diversifiées. Autour de la table, on a donc retrouvé des intervenants de grande qualité, autour de l’animateur Yves Mathieu, fondateur de l’agence Missions Publiques.

Arnaud Gallais, co-fondateur de l’association Mouv’Enfants, membre de la CIIVISE Julie Gayet, actrice et réalisatrice Jean-Pierre Rosenczveig, magistrat,  ancien président du tribunal pour enfants de Bobigny Laurence Rossignol, sénatrice de Val-de-Marne, ancienne ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes

Des actrices et acteurs de la société, élues, élus, actrices et acteurs sociaux, engagé.e.s dans les associations, personnes en attente de mieux comprendre comment avancer politiquement et concrètement dans le traitement politique et concret de ces violences et crimes massifs, dont chacun est insupportable.

«  Je suis venue désespérée, j’ai l’impression d’agir sans plus arriver à rien. Après cet atelier, je repars regonflée, non seulement je sais mieux pourque je fais les choses, mais je sais mieux quoi faire maintenant, a expliqué cette dame.  J’ai compris comment la gauche peut poser un acte fort en 2027, en agissant de manière systémique sur la société. Ensemble, on peut arriver à améliorer les choses, commençons par mieux nous parler et nous considérer entre institutions. On veut toutes et tous la même chose. »

Une politique de gauche affirmera les principes de prévention, d’attention à donner aux victimes, de considération, de réparation y compris à l’échelle collective.

Des ressources et des adversaires

 

On a bien sûr évoqué, à l’échelle nationale, le projet de loi intégrale transpartisan  contre les violences sexistes et sexuelles, actuellement en discussion à l’Assemblée Nationale, qui va créer un nouveau cadre pour détecter, traiter, apporter et  accompagner et porter  attention et réparation aux victimes, et condamner les auteurs et autrices.

Une meilleure nouvelle encore : des actrices et acteurs engagés sur le terrain, qui répondent aux besoins des victimes, agissent au nom d’institutions publiques, développent de la prévention et travaillent sans relâche à la réduction de ces insupportables violences.

La mauvaise nouvelle : les forces réactionnaires sont à l’œuvre ; la montée du masculinisme, l’éducation des adolescents à la sexualité par la pornographie, le faible taux de condamnation sont des facteurs qui demandent plus que la loi initiée par plus d’une centaine d’association et le soutien de parlementaires, encore trop de rapports tendus et trop de manque de considérations entre professionnels et politiques.

Evidemment la question des ressources et des moyens à tous niveaux se pose. On manque de personnels dans les équipes sociales, dans les écoles, collèges et lycées, dans les tribunaux et les forces de police. Les vagues de dénonciations publiques «  me too », « balance ton parc » et autres dénonciations massives de crimes impunis, ont véritablement transformé la perception de ces crimes dans la société, en mobilisant une ressource inépuisable : l’engagement citoyen.

On a aussi posé un gros manque, celui d’une politique publique nationale, qui va permettre un pilotage politique en cascade, du national au local. Une politique de gauche affirmera les principes de prévention, d’attention à donner aux victimes, de considération, de réparation y compris à l’échelle collective. Elle mobilisera toutes les ressources nécessaires. Elle saura aussi prendre en compte la réalité : plus de 5 millions de Françaises et de Français ont fait l’objet de telles violences. On doit aussi mieux appréhender les conséquences à long terme pour la société, et les meilleures voies de réparations collectives (par exemple par la justice transitionnelle).

Les adversaires sont nombreux. Les marqueurs politiques de droite, «  sanctuarisant » la famille comme le socle de base vertueux de la société » (où une large majorité de ces crimes sont commis), commençant à considérer que le travail de mise en visibilité des auteurs des faits et des poursuites atteint des seuils qui mérite modération et satisfaction (quelques % d’auteurs condamnés, quelques dixièmes de % de crimes dénoncés), avec des doigts qui se pointent vers les familles monoparentales… et ne donnant pas priorité à une politique publique. Du côté des adversaires de droite, « le problème est sous contrôle ».

Les «  trous » dans les dispositifs : des dizaines de mesures sont recommandées notamment par les commissions parlementaires, tout ne passe pas par la loi. Par exemple, la prise en compte de ces violences dans le milieu de la culture, du cinéma, de la mode et du spectacle vivant, demande que chaque collectivité, chaque lieu, chaque équipement, développe un plan de mise en œuvre des recommandations. L’ensemble des entreprises, administrations publiques, association, club sportif est concerné. La loi ne peut rien si les acteurs ne décident pas d’agir.

En conclusion, nous sommes là dans un projet de politique publique de l’attention et de la considération. Le but est que chaque année le volume de victimes diminue fortement, même si l’on sait qu’il ne réduira jamais, hélas, à zéro.

BENJAMINVODANT-BRAM2026-TABLERONDEVSS-001
© Crédit photo : Benjamin VODANT
Pour aller plus loin

Julie Gayet, «  Ensemble on est plus fortes », Stock

Arnaud Gallais ,«  J’étais un enfant », Flammarion

Jean-Pierre Rosenczveig «  La justice et les enfants », Dalloz

Partager