« L’écologie doit être accessible, désirable et inclusive »
Face au dérèglement climatique, l’écologie ne peut plus être vécue comme une contrainte réservée à quelques-uns. Pour réussir la transition, elle doit améliorer concrètement le quotidien, réduire les inégalités et offrir des perspectives de progrès. Une écologie accessible, désirable et inclusive est la seule capable de rassembler durablement les Français. Tribune de Carole Delga.
Forte de son attractivité, la région Occitanie est d’autant plus vulnérable aux conséquences du changement climatique, dont elle est en première ligne. Sécheresses à répétition, canicules précoces, incendies dévastateurs comme l’an dernier dans l’Aude… A l’horizon 2050, ses températures pourraient augmenter en moyenne de près de 2,2 °C, selon les projections de Météo France, et de 3,5 °C à l’horizon 2100. A l’échelle nationale, la hausse serait respectivement de 2,1 °C et de 3,4 °C.
La lutte contre le changement climatique ne se fera pas sans repenser notre modèle énergétique, qu’il s’agisse d’aller vers plus de sobriété ou de privilégier les énergies renouvelables. Pour protéger ses 6 millions d’habitants, l’Occitanie a donc investi dès 2016 en ce sens et se positionne désormais comme la première région de France pour la consommation électrique issue d’énergies renouvelables (58 %), avec une progression de 27 % en dix ans (contre 16 % au niveau national). Les émissions de gaz à effet de serre ont ainsi diminué de 10 %, contre 8 % au niveau national. Preuve, s’il en fallait une, de l’efficacité de la décarbonation.
Alors que, ces dernières années, les investissements dans les énergies propres peinent à progresser à l’échelle européenne, avec notamment un sous-financement de la filière éolienne, selon l’Institut de l’économie pour le climat, l’Occitanie a investi 600 millions d’euros depuis 2019 à Port-la-Nouvelle afin d’y créer le plus grand pôle méditerranéen d’éolien en mer.
La région se classe également au deuxième rang national pour le solaire, une filière en croissance dans le pays et dont le développement se poursuit à l’échelle européenne.
L’écologie doit être accessible, désirable et inclusive
Afin de mener à bien sa transition énergétique, la France mise en effet sur un mix énergétique diversifié. A son échelle, la région vise le même objectif, avec des avancées déjà bien concrètes : elle est la deuxième de France pour l’hydroélectricité et investit aussi dans la géothermie, dont elle porte le plus grand projet sur nappe, au sud de Montpellier.
Des investissements particulièrement précieux à l’heure où la crise énergétique percute le portefeuille des Français. Garantir notre souveraineté pour faire face aux chocs mondiaux est plus que jamais nécessaire. Cela permettra notamment de préserver le pouvoir d’achat des Français, un enjeu au cœur de la transition énergétique.
L’écologie doit être accessible, désirable et inclusive, sans être vécue comme une contrainte par les citoyens. Cette exigence est d’autant plus importante que les populations les plus vulnérables sont les plus affectées par la crise climatique, tandis que les 10 % les plus riches génèrent à eux seuls la moitié des émissions mondiales.
Pour lutter contre ces inégalités, la région a mis en place des écochèques pour l’aide à l’achat de véhicules électriques et de vélos et propose 65 trains supplémentaires par jour depuis 2016. Mais si les mobilités constituent un enjeu majeur, comme en témoigne la hausse du prix du carburant qui fragilise des millions d’automobilistes, la rénovation énergétique des bâtiments est tout aussi essentielle pour réduire la facture des ménages et lutter contre la précarité énergétique. En région Occitanie, 20 000 logements sociaux ont ainsi déjà été rénovés en dix ans, pour une économie moyenne de 300 à 600 euros par an pour un foyer avec deux enfants.
Protéger les citoyens face au changement climatique est un immense défi, mais les solutions existent. Il est possible de transformer l’urgence en opportunité, et les territoires peuvent être un modèle pour l’avenir.
Carole Delga