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François Mitterrand, une vision qui doit nous inspirer

Publié le 07 janvier 2026
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Pendant les trente années qui ont suivi le décès de François Mitterrand, près de 500 ouvrages et des milliers d’heures d’émissions télévisées et radiodiffusées ont été consacrés à sa vie et à son œuvre.  Pour la gauche française, le président, disparu il y a 30 ans le 8 janvier 1996, demeure une référence inspirante.

Sur fond bleu-blanc-rouge, le dimanche 10 mai 1981 à 20 heures, se dessine ligne par ligne, du haut vers le bas sur le petit écran, le visage de François Mitterrand. Puis un chiffre : 51,2%. Selon la formule consacrée, les Français de 60 ans et plus se souviennent de ce qu’ils faisaient et de l’endroit où ils se trouvaient à ce moment-là. Qu’ils aient voté Mitterrand ou Giscard. A la troisième tentative, celui qui avait rassemblé par trois fois la gauche (1965, 1974, 1981), remportait le scrutin présidentiel.

Quelques jours après ce fameux 10 mai 1981, l’image du président, s’avançant seul d’un pas martial sur les dalles de marbre du Panthéon, trois roses à la main qu’il dépose sur les tombes de Jean Moulin, Victor Schoelcher et Jean Jaurès, reste un moment historique. Comme trois ans plus tard, le 22 septembre 1984, à l’ossuaire de Douaumont, sa main gauche dans la main droite d’Helmut Kohl pendant les hymnes scelle une réconciliation entre deux peuples qui se sont tant haïs.

L’abolition de la peine de mort et la construction de l’Union européenne par l’acte unique (1986) puis le traité de Maastricht (1992) demeurent sans doute les souvenirs les plus durables des «  années Mitterrand ». Mais on ne saurait omettre la cinquième semaine de congés, le revenu minimum (1989), la dépénalisation de l’homosexualité (1982), les lois Auroux sur le dialogue social (1982), la libération des ondes (1982) entre autres réformes sociales ou sociétales qui ont apporté des réponses concrètes aux attentes de l’époque et ont tracé des chemins d’avenir.

L’histoire et les contemporains du premier président socialiste de la Vé République retiennent aussi le roman de sa vie, aussi tourmentée que le siècle qu’il a traversé pendant 80 ans et qu’il a terminé après un long et ultime combat contre la maladie, le 8 janvier 1996.

Des messages puissants de l’action mitterrandienne méritent d’être valorisés. Ils sont nombreux, tant le legs est riche intellectuellement et politiquement.

François Mitterrand a transhumé entre plusieurs époques : le temps des guerres, les trente glorieuses, l’avènement de la globalisation… Trente ans après, l’évocation du personnage et à travers lui de son époque, éveille des nostalgies multiples, et pas seulement parmi le peuple qui revendique des valeurs de gauche. Il n’est d’ailleurs pas si étonnant de constater chaque année début janvier que la personnalité préférée des Français au baromètre IFOP, Jean-Jacques Goldman, a connu son heure de gloire pendant les années Mitterrand.

Le monde a bien changé depuis ce 8 janvier 1996. La marche du temps a tellement accéléré que la planète est proche de la surchauffe et les boussoles politiques de plus en plus déréglées. Pourtant, des messages puissants de l’action mitterrandienne méritent d’être valorisés. Ils sont nombreux, tant le legs est riche intellectuellement et politiquement. Nous pouvons en retenir quatre, essentiels en 2026 pour l’avenir de la gauche, de ses idées et au-delà pour redresser le pays :

  • La justice sociale, sans laquelle une société ne vit pas bien, n’éprouve aucune confiance en l’avenir. Au maire d’Alençon qui réclamait des emplois sur son territoire, François Mitterrand répondait en ce mois de janvier 1987 : « On ne peut partager qu’une richesse existante, il faut donc la produire. On ne peut aussi l’ayant produite, permettre un élan national, qui associe chacun aux victoires nécessaires, que si la justice sociale est dès le point de départ. C’est en associant une industrie puissante, des services publics performants et un partage juste de la richesse que nous gagnerons la bataille de la confiance »
  • La jeunesse, qui doit toujours être l’horizon des politiques. Souvenons-nous de l’allocation de François Mitterrand devant les étudiants à Evry le 31 mai 1990 : «  Quand on parle d’égalité sociale, ça commence par l’égalité des chances à l’école. C’est vous, vous à votre âge, de dessiner les traits du visage de notre pays dans les années prochaines. C’est à nous, en responsabilité, de donner les moyens à chacun d’entre vous pour construire votre avenir et celui du pays ».
  • La construction européenne, plus que jamais indispensable face à la voracité des nouveaux empires de Washington, Moscou ou Pékin. La France ne peut porter seule la voix et les valeurs de la paix, du droit international, de la coopération entre le Nord et le Sud. «  Avec l’Union européenne, il ne s’agit pas de s’installer en conquérant au centre du monde. Mais il ne s’agit pas non plus d’accepter la domination des autres » soulignait François Mitterrand lors du débat sur le Traité de Maastricht en avril 1992.
  • Le rassemblement de la gauche autour d’un candidat socialiste. L’histoire lui a donné raison par la suite : la gauche ne gagne qu’avec ses valeurs humanistes et universalistes, sa confiance dans le progrès et la production de richesses.

Comme disait François Mitterrand à propos de Jaurès et Blum, «  Serions-nous incapables de perpétuer l’histoire que nous avons héritée ? Le renoncement est la pire des lâchetés »

L’équipe de La République en Commun