Avant la finale du Top 14 « 100 % occitane », Carole Delga, revient auprès du Midi Olympique, sur sa fierté de voir deux clubs de la région s’affronter au sommet du rugby français. Elle décrit également la place singulière du rugby en Occitanie et évoque les leviers mis en place par la région pour accompagner le développement de ce sport.
Cette finale 100 % Occitanie entre Toulouse et Montpellier confirme-t-elle, selon vous, la place singulière qu’occupe la région dans le paysage du rugby français ?
Demain, le Stade de France sera 100% occitan, et quelle fierté ! Le week-end dernier, toute l’Occitanie a poussé derrière le Stade Toulousain et le MHR face aux clubs parisiens, on y croyait et ils l’ont fait ! Un grand bravo aux joueurs, aux staffs, aux dirigeants, aux bénévoles et aux supporters. Quand deux clubs d’une région se retrouvent au sommet du rugby français, ce n’est pas un hasard : c’est le résultat d’une culture profondément ancrée, d’un engagement exemplaire et d’un travail collectif. C’est une récompense pour tout un territoire qui vibre au rythme de l’ovalie. Nous montrons une fois de plus que nous sommes LA région du rugby, avec près d’un quart des clubs et des licenciés du pays et la moitié des titres de l’histoire de championnat de France.
Le Stade Toulousain impressionne par sa longévité au plus haut niveau. Quels sont, à vos yeux, les ingrédients qui permettent à ce club de rester une référence génération après génération ?
Le Stade Toulousain est un club légendaire, 24 fois champion de France. Et bien plus qu’un club qui gagne, c’est une véritable institution, qui a su se réinventer et s’imposer au sommet, sans renier son identité. Derrière les trophées, il y a une vision collective, celle portée par Didier Lacroix et Ugo Mola, et un centre de formation d’excellence, qui a vu éclore des joueurs de renom, avec une confiance accordée aux jeunes talents. Nous serons d’ailleurs derrière les cadets du club au Stade de France en lever de rideau ce samedi. Il y a aussi cet ancrage très fort, comme l’illustrent les entraînements délocalisés que la Région organise avec le Stade et les clubs amateurs. Cette saison,10 000 jeunes joueurs et supporters ont rencontré leurs idoles, à Cugnaux, à Cazères, à Tarascon-sur-Ariège, etc.
Le MHR s’est progressivement imposé parmi les grands clubs français. Quel regard portez-vous sur son modèle de développement ?
Le MHR a écrit une page historique en 2022 avec son premier Bouclier de Brennus, conquis avec de nombreux joueurs issus de sa formation. Depuis, le club a poursuivi son développement en assumant pleinement son rôle auprès des écoles de rugby du territoire, pour transmettre, donner envie et faire naître des vocations, notamment avec la nouvelle casquette de Fulgence Ouedraogo. C’est un club qui contribue au rayonnement de Montpellier et de toute l’Occitanie. Son ancrage territorial est essentiel : un grand club doit être à la fois ambitieux au plus haut niveau et utile à son territoire, et c’est ce que fait le MHR. Et le titre de champion de France Crabos cette saison ne fait que valider la stratégie du club.