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Rivesaltes : “S’ériger en gardien de l’histoire”

Publié le 29 mai 2026
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Rivesaltes
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Interview par Frédérique Michalak

À l’occasion de l’inauguration d’un nouvel espace d’exposition permanente au Mémorial du camp de Rivesaltes, vendredi 29 mai, Carole Delga revient pour L’Indépendant sur l’importance de la transmission de la mémoire face aux tentatives de réécriture de l’Histoire et à la montée des extrémismes.

La Région investit plus d’un million d’euros (*) dans la refonte du parcours visiteurs du mémorial, qu’est-ce
qui exigeait cet effort financier ?

Le Mémorial du camp de Rivesaltes est un lieu de la mémoire vivante de notre monde contemporain et son historiographie ne cesse de progresser. Nous nous devons de continuer à transmettre l’histoire des plus de 60 000 personnes qui y ont été internées. Je souhaite en cela rendre hommage à Jacques Chamoux, Joël Mettay et Claude Vauchez et à tous les militants de la mémoire qui ont œuvré pour qu’elle ne tombe jamais dans l’oubli. C’est la raison d’être de ce nouveau parcours d’exposition actualisé, modernisé et réalisé sous maîtrise d’ouvrage de la Région, avec le soutien du Département et de l’Europe. Avec toujours la même ambition, celle que portait Christian Bourquin : faire du Mémorial un lieu de réparation, de réflexion et de transmission.

Lorsque le récit historique devient l’instrument de projets politiques, alors le danger n’est jamais loin et nous devons nous y opposer et rétablir la vérité des faits.
Carole Delga

Ce lieu est évidemment politique, quel est son rôle en 2026, dix ans après son ouverture ?

Les attaques récentes portées par le RN contre le Mémorial et ses équipes doivent nous alerter. Elles sont le signe d’un glissement politique qui s’opère dans de nombreuses démocraties, où nous voyons à grande échelle se multiplier les tentatives de réécriture et de falsification de l’histoire. Je viens de sortir un livre sur Léon Blum et le procès de Riom qui résonne avec le moment que nous vivons, marqué par la réélection de Donald Trump, l’influence d’Elon Musk, le règne des algorithmes ou encore les ingérences étrangères. Lorsque le récit historique devient l’instrument de projets politiques, alors le danger n’est jamais loin et nous devons nous y opposer et rétablir la vérité des faits. C’est le rôle de ce Mémorial et de son conseil scientifique dirigé par Laurent Joly : s’ériger en gardien de l’Histoire.

Le public des scolaires est très présent à Rivesaltes (20.000/an), comment inciteriez-vous le grand public,
dont la population locale, à rencontrer son histoire ?

Chaque année, les équipes pédagogiques du Mémorial travaillent avec les jeunes d’Occitanie pour opposer aux approximations les faits, les témoignages et les archives. Chaque année, la Région permet à de nombreux lycéens de se rendre à Auschwitz et à Rivesaltes pour travailler sur le devoir de mémoire. Avec cette nouvelle exposition permanente, nous disons à tous les habitants d’Occitanie que cette histoire, celle de notre territoire, c’est leur histoire. La connaître, la comprendre, se l’approprier, c’est se porter garants de la démocratie de demain.

 

(*) Le coût total de 2,6 millions d’euros est supporté par les fonds européens FEDER (1,13 M€), la Région Occitanie (1,05 M€) et le conseil départemental des Pyrénées-Orientales (408 000 €).

Retrouvez l’article dans l’Indépendant
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