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Pourquoi Carole Delga raconte le procès que le régime de Vichy intenta à Léon Blum en 1942

Publié le 07 mai 2026
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Par Vincent Coste

Carole Delga revient sur le procès méconnu de Riom, quand le régime de Vichy avait traduit Léon Blum devant une Cour suprême de justice. Le livre, titré “Quand Vichy jugeait Léon Blum”, qu’elle cosigne avec l’historienne Marie-Luce Nemo paraît ce jeudi 14 mai.

Au printemps 2022, Carole Delga, en collaboration avec l’historienne Marie-Luce Nemo, avait consacré un ouvrage à Jean-Jaurès (Jean Jaurès : les convictions et le courage, aux éditions Privat), figure historique emblématique, totem de la gauche, et enfant d’Occitanie.

Quatre ans plus tard, la présidente de Région revient en librairie pour s’intéresser (toujours chez Privat et avec Marie-Luce Nemo) à un autre marqueur majeur du socialisme de la première partie du XXe siècle, en la personne de Léon Blum.

Procès jamais achevé

Mais il ne s’agit pas cette fois d’une biographie classique, Carole Delga et Marie-Luce Nemo ayant choisi d’axer leur travail sur un événement méconnu : le procès intenté par le régime de Vichy à Léon Blum. Sous le prétexte d’être responsable de la défaite (lui et d’autres responsables politiques ou militaires), en ayant soi-disant empêché le réarmement de la France par la mise en place de réformes sociales.

Un procès jamais achevé qui s’est tenu à Riom, une commune du Puy-de-Dôme, de février à avril 1942, et «  qui visait, au-delà de l’homme, le Front Populaire et la République elle-même », ainsi qu’il est indiqué sur le site de l’éditeur.

Des échos contemporains

Où l’on ne cache pas une volonté de faire entrer en résonance le récit de ce procès dans un contexte historique si particulier avec notre environnement contemporain et les débats qui secouent et traversent notre époque : «  Quatre-vingt-dix ans plus tard, alors que le populisme gagne du terrain, le récit de ce procès à Riom, dont Léon Blum sortira politiquement et humainement vainqueur, constitue une leçon de courage, de conviction et d’optimisme. Il résonne comme un moment de vérité et comme un espoir : il n’y a jamais de combat perdu d’avance pour celles et ceux qui luttent en faisant appel à la raison, à l’intelligence, à la nuance et à la conscience des hommes », est-il encore mentionné.

L’homme du Front populaire

Et dans les premières pages du livre, celles que nous avons pu lire, Carole Delga le reconnaît sans ambages : «  Si j‘ai choisi de mettre en lumière le procès de Riom où l’on traîna Léon Blum […], c’est qu’il constitue une date clé, mais hélas presque oubliée, dans l’histoire de ce pays et que j’y vois un écho à ce que le monde connaît aujourd’hui ».

Autre ambition avouée par la présidente des Régions de France : «  Faire mieux connaître la vie et l’œuvre » de la figure de proue du Front populaire et de ses réformes et avancées sociales majeures, de la semaine de 40 heures aux congés payés. Et brosser le portrait de « cet intellectuel et proche du peuple, aussi à l’aise dans les cercles littéraires parisiens que dans les vignes de sa circonscription, à Narbonne ».

Et puis, en creux, à l’heure où, à un an de l’élection présidentielle, les sorties de livres signés par des personnalités politiques se multiplient, on peut aussi penser que cet ouvrage a pour but de dire quelque chose de la gauche qu’incarne Léon Blum. Et dans laquelle l’autrice de ce texte se reconnaît forcément.

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Il n’y a jamais de combat perdu d’avance pour celles et ceux qui luttent en faisant appel à la raison, à l’intelligence, à la nuance et à la conscience des hommes
Carole Delga
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