Le 1er mai n’est pas à vendre !
Mes chers amis,
La mobilisation a payé. Après la nouvelle provocation du camp macroniste, le gouvernement a fini par renoncer à porter devant la représentation nationale le funeste projet improprement appelé « libération du travail le 1er mai ».
A court d’idées, l’ancien Premier ministre Gabriel Attal avait tenté ce coup de force à grand renfort d’arguments fallacieux, en prétendant que sa proposition répondait à une forte demande populaire. En réalité, il s’agissait d’une attaque directe contre celles et ceux qui auraient été les premiers concernés : les travailleuses et les travailleurs.
A quelques jours de la célébration des 90 ans du Front populaire et de ses conquêtes sociales comme les congés payés, cette provocation résonne comme un anachronisme insupportable. Dans une alliance pour le moins baroque, une macronie en fin de course, une droite déboussolée et une extrême droite toujours prompte à s’attaquer aux droits des travailleurs qu’elle prétend défendre, certains ont voulu passer en force, au mépris de notre histoire sociale et syndicale. Mais cette coalition du recul social a échoué.
Fouler au pied le 1er mai, c’est cracher aux visages de celles et de ceux qui se sont battus pour arracher ce droit.
C’est salir la mémoire des ouvriers de Chicago qui, le 1er mai 1886, manifestaient pour la journée de huit heures et dont trois d’entre eux l’ont payé de leur vie la répression.
C’est salir la mémoire de Jules Guesde, fondateur du premier parti ouvrier qui, en 1890, organise la première manifestation en France en hommage aux morts de Chicago.
C’est créer une brèche dans cette journée internationale, célébrée dans le monde entier, pour la dignité des travailleuses et des travailleurs.
La mobilisation des syndicats et de la gauche a permis de dégonfler cette baudruche prétendument sociale. Une attaque en règle contre un acquis essentiel et tellement symbolique.
J’ai eu l’occasion de le rappeler, cette proposition avait pour but de banaliser le travail de millions de salariés ce jour-là et d’ouvrir une brèche contre un droit collectif. Contrairement à ce qui a été avancé, les artisans peuvent déjà ouvrir le 1er mai. Il ne s’agissait donc pas de les soutenir, mais bien de répondre aux intérêts des grandes chaînes de la boulangerie, des fleuristes et du commerce alimentaire.
Sous prétexte d’aider les petits, on favorise les plus gros dans une logique assumée de libéralisme exacerbé.
Le 1er mai est, et restera, la fête de celles et de ceux qui travaillent !
Carole Delga