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LA FABRIQUE DU FAUX | Episode 1 – Rassemblement national : l’anti-écologie assumée

Publié le 19 février 2026
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«  La Fabrique du Faux » : la série

La République en Commun lance «  La Fabrique du Faux », une série en quatre volets consacrée aux petits arrangements avec la vérité et gros mensonges du Rassemblement national.

Économie, écologie, droits des femmes et des personnes LGBTQIA+, droits humains, citoyenneté : sous le vernis d’un parti qui revendique avoir changé se cache la réalité des votes, des prises de positions et des actes sur chacun de ces thèmes. Et de la communication à la réalité, il y a un fossé. Car non, le RN n’a pas changé.

Pour le démontrer, nous ouvrons le capot pour démonter les discours, vérifier les votes, retrouver les propositions écrites noir sur blanc. Cette série est une invitation à regarder de près la réalité de ce qu’EST le Rassemblement national au-delà de ce qu’il DIT être. Une contribution pour éviter que l’irréparable ne devienne possible.

Premier volet : l'(anti)écologie.

Le Rassemblement National aime désormais se présenter comme le défenseur d’une prétendue « écologie du bon sens », opposée à une écologie jugée « punitive », « idéologique » ou « hors-sol ». Le slogan est bien rodé et martelé à chaque campagne. Mais une fois les mots écartés, les faits parlent d’eux-mêmes. Votes, propositions, décisions budgétaires : derrière le discours, le RN mène une offensive méthodique contre toute politique écologique ambitieuse.

Le “bon sens” comme paravent politique

Pour le Rassemblement national, l’écologie serait devenue un problème plutôt qu’une solution. Une contrainte plutôt qu’une urgence. Marine Le Pen dénonce une « écologie devenue folle », tandis que ses eurodéputés appellent à une « pause réglementaire massive ». Traduction : moins de règles, moins d’objectifs, moins d’action. Conséquence : un  désastre.

Car derrière cette rhétorique se cache une réalité tenace. Aucune trajectoire climatique crédible, aucun objectif chiffré de réduction des émissions, aucun plan d’investissement à la hauteur des enjeux. Le « bon sens » invoqué sert surtout de paravent commode pour éviter les choix difficiles mais indispensables, alors que la science alerte sur l’accélération du dérèglement climatique.

À Bruxelles, le RN vote contre l’écologie

Les chiffres et les votes ne laissent aucune place au doute. Au Parlement européen, les élus RN figurent parmi ceux qui soutiennent le moins les textes environnementaux (6% seulement de votes favorables sur la mandature 2019-2024, ce qui les place tout en bas du classement des partis français). Lors de l’examen de la loi sur la restauration de la nature — pilier du Pacte vert destiné à réparer des écosystèmes gravement dégradés — les élus RN ont voté contre, dénonçant un texte « dogmatique » et « dangereux pour les agriculteurs ».

Même ligne sur la réduction des pesticides, la lutte contre la déforestation importée ou le renforcement des investissements climatiques. À chaque étape, le RN s’oppose, tente d’affaiblir ou cherche à retarder. Ce n’est ni un hasard ni une série d’erreurs : c’est une stratégie politique cohérente, fondée sur le rejet des normes communes et de l’action collective face à l’urgence climatique.

En France, le sabotage organisé de la transition

Cette hostilité se prolonge sans détour à l’Assemblée nationale. En 2025, le RN a soutenu un moratoire sur les nouveaux projets éoliens et solaires, présenté comme une victoire contre une « écologie imposée d’en haut ». Jordan Bardella dénonçait alors des énergies renouvelables « inefficaces et coûteuses », allant jusqu’à parler de « drame pour l’environnement » concernant les éoliennes, alors même que ces sources d’énergies sont indispensables à la décarbonation et à l’indépendance énergétique du pays.

Dans le même esprit, le RN minimise les effets de la pollution de l’air et remet en cause les objectifs de réduction du bétonnage, qui protègent les sols et les terres agricoles. Beaucoup de slogans, très peu de solutions. Aucune alternative crédible n’est jamais avancée.

S’attaquer à l’écologie, c’est tourner le dos à l’emploi

Il faut aussi regarder la transition écologique comme une réalité économique. En France, les filières de l’économie verte représentent déjà plus d’un million d’emplois, dans les énergies renouvelables, la rénovation des bâtiments, l’agriculture durable ou l’ingénierie climatique. Bloquer l’éolien, le solaire ou la rénovation énergétique, c’est freiner des emplois d’avenir, non délocalisables, ancrés dans les territoires.

Et l’écologie, c’est aussi une question de justice sociale. Par exemple, la rénovation énergétique est l’un des leviers les plus efficaces contre la précarité énergétique, qui touche encore des millions de ménages. Couper dans ces politiques, c’est accepter que les plus modestes vivent dans des passoires thermiques, paient des factures toujours plus lourdes et subissent des conditions de logement néfastes pour leur santé, du froid en hiver aux canicules en été.

Votes contre le Pacte vert européen, opposition à la restauration de la nature, moratoire sur les renouvelables : quand il faut agir pour le climat, les élus du Rassemblement national votent non. Faire reculer l’écologie, c’est nier la réalité du changement climatique, et refuser tant l’emploi que la solidarité.

Quand l’écologie devient une variable d’ajustement budgétaire

Mais le plus révélateur se joue peut-être sur le terrain budgétaire. Car au-delà des discours, le Rassemblement national assume de faire de l’écologie une variable d’ajustement. Pour atteindre ses objectifs d’économies, le parti propose plusieurs milliards d’euros de coupes dans les politiques environnementales : réduction drastique des moyens de la rénovation énergétique, remise en cause du Fonds vert qui soutient les projets des collectivités, et coupes massives dans les agences publiques de la transition et de la biodiversité. Le contre-budget RN présenté à l’occasion des débat sur le Budget 2026, prévoit notamment jusqu’à 7,7 milliards d’euros d’économies en s’attaquant directement à l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et à l’Office français de la biodiversité, piliers de l’action climatique de l’État.

À cela s’ajoutent plus de 3 milliards d’euros de baisse des subventions aux associations, dont de nombreux acteurs engagés dans la transition écologique de proximité. Le message est limpide : l’écologie n’est pas une priorité, mais une charge dont il faudrait se débarrasser.

Une écologie du renoncement

Le RN ne propose pas une autre écologie. Il organise un recul. Un recul face au dérèglement climatique et à l’impérieuse protection de la biodiversité. Un recul, aussi, face à l’emploi d’avenir, face à la solidarité et face à la santé publique.

À l’heure où l’urgence climatique impose des choix clairs, des investissements massifs et du courage politique, le RN préfère les slogans faciles et les coupes budgétaires. Derrière l’« écologie du bon sens », les faits sont là, chiffrés et documentés : le RN a fait le choix de l’anti-écologie.

L’équipe de La République en Commun

 

A venir – Episode 2 : Le RN et l’économie.