À Carcassonne comme à Canohès, Cagnes-sur-Mer ou Harnes, des maires du Rassemblement national ont choisi de retirer le drapeau européen du fronton de leur mairie. Un geste symbolique lourd de sens qui envoie, à grands renforts de sorties médiatiques et de posts sur les réseaux sociaux, un message sans détour : celui du rejet de l’Europe, de la coopération et de ce qu’elle construit au quotidien pour les territoires.
Alors, nous voulons d’abord rappeler une chose : la République ne se fragmente pas. Elle ne consiste pas à choisir les symboles que l’on accepte. Elle impose de les respecter, parce qu’ils incarnent des valeurs et des engagements communs.
Et nous voulons aussi dénoncer cette mise en scène politique qui révèle en fait un profond cynisme. Car au-delà d’un geste qui heurte de plein fouet les valeurs de la République, elle entre en contradiction flagrante avec la réalité du territoire. Derrière ces drapeaux que l’on retire, il y a en effet des millions d’euros de fonds européens qui financent des projets qui améliorent concrètement la vie des habitants.
Penchons-nous sur l’exemple de Carcassonne qui est plus que parlant en Occitanie ! Depuis 2014, la ville et son agglomération ont bénéficié de plus de 17,8 millions d’euros de fonds européens. Ces financements ont permis de générer plus de 54,3 millions d’euros d’investissements dans des domaines essentiels du quotidien : santé, formation, logement, développement économique. Et oui, l’Europe n’est pas une abstraction : elle est concrète, visible, utile.
Par exemple, au centre hospitalier de Carcassonne, 3,1 millions d’euros de fonds FEDER ont servi à restructurer les urgences, à financer des équipements pendant la crise Covid et à renforcer la protection de l’établissement face au risque d’inondation. Autre exemple, près de 3 millions d’euros de fonds européens ont été mobilisés pour la rénovation énergétique de logements sociaux, améliorant concrètement le confort des habitants tout en réduisant leurs factures.
Alors que signifie ce geste politique ? Retirer un drapeau tout en conservant les bénéfices qu’il représente ?
Contradiction profonde, cynisme assumé. On efface le symbole, mais on garde les financements. On alimente la défiance, tout en profitant des solidarités.
Rien de surprenant nous direz-vous dans la méthode du Rassemblement national : un populisme qui préfère les gestes spectaculaires aux réalités concrètes, qui désigne des boucs émissaires plutôt que d’assumer les interdépendances, et qui entretient les peurs au lieu de rassembler. À force de brouiller ainsi la réalité, ce sont les citoyens que l’on trompe.
L’équipe de La République en Commun