Par Cyrille Manière
Raphaël Glucksmann, Boris Vallaud et Carole Delga sont venus ce vendredi à Perpignan soutenir la liste menée par Agnès Langevine et Annabelle Brunet. Les critiques ont fusé contre le maire RN Louis Aliot, au cœur de toutes leurs attentions.
La liste menée par Agnès Langevine et Annabelle Brunet a aussi eu ses soutiens nationaux. Une semaine après Jordan Bardella pour Louis Aliot et Jean-Luc Mélenchon pour Mickaël Idrac, la liste d’union de la gauche et du centre a reçu l’appui de Raphaël Glucksmann (le leader de Place Publique), Carole Delga (la présidente socialiste de la Région Occitanie) et Boris Vallaud (président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale).
Dans la salle des 5 Éléments à Perpignan, les 300 à 400 personnes réunies ont surtout eu droit à un festival de critiques contre Louis Aliot. Le maire RN de Perpignan était bien au cœur des débats et la cible privilégiée de ces leaders politiques.
Boris Vallaud a d’abord ironisé en se prenant en photo avec le public en fond : « C’est pour ma mère, elle n’aime pas trop les fachos, je veux lui montrer qu’elle n’est pas seule« , le ton est donné. Pour le député des Landes, « Perpignan est au cœur d’un enjeu politique majeur, nous sommes là avec humilité pour ce moment historique que nous sommes en train de vivre. Nous sommes venus ici chercher votre soutien et votre esprit de résistance contre ceux qui trahissent ce que nous sommes dans l’histoire. Vous le savez ici mieux que partout ailleurs. Il y a depuis six ans une victime d’une politique indigne : Perpignan« .
Boris Vallaud multiplie les attaques contre Louis Aliot : « Il nous parlait d’ordre, c’est le désordre. Il nous parlait de sécurité, la délinquance a augmenté partout dans Perpignan car il ne suffit pas de mettre des policiers et des caméras pour faire reculer l’insécurité et la délinquance.(…) Un enfant sur deux à Perpignan vit sous le seuil de pauvreté, merci Monsieur Aliot ! » Ces leaders de gauche ont aussi dénoncé la gestion du milieu associatif par le maire de Perpignan.
« Vous avez un roitelet avec des serviteurs zélés »
« Il y a des associations qui s’engagent pour le bien commun et les valeurs qui nous sont communes, reprend Boris Vallaud. Monsieur Aliot a coupé les vivres, il a coupé les moyens. Il lui fallait arroser ceux qui honorent la mémoire de l’Algérie française, les nostalgiques de la colonisation. Cette France moisie n’est pas la nôtre ! »
La présidente socialiste de la région Occitanie poursuit ce discours et dénonce cette politique. Pour Carole Delga, « il faut arrêter le clientélisme et la servitude. C’est un régime féodal qui a été mis en place à la mairie de Perpignan et c’est cela qu’il faut stopper. Vous avez un roitelet avec des serviteurs zélés et on distribue les subventions non pas en fonction du travail amené pour l’intérêt général mais en fonction du copinage et en fonction de la dévotion à celui qui occupe la Loge et que nous allons déloger. »
Seul Raphaël Glucksmann changera de cible, juste quelques secondes au micro. À Perpignan, cinq jours plus tôt, Jean-Luc Mélenchon avait écorché le nom du leader de Place Publique. Dans la semaine, Annabelle Brunet avait lancé en direct sur l’antenne d’ICI Roussillon que la liste se retirerait au profit de celle de LFI si elle arrivait en tête. Des propos vite contredits par Agnès Langevine.
Lors du meeting, Raphaël Glucksmann a mis les choses au point : « on ne lutte pas contre l’extrême droite avec celles et ceux qui jouent avec les noms de famille à consonance juive ou étrangère, on ne lutte pas contre l’extrême droite avec ceux qui trahissent les principes républicains eux-mêmes. On lutte dans la clarté à Perpignan et partout ailleurs en France. Vous êtes la résistance qui empêchera monsieur Aliot d’humilier Perpignan en abandonnant son mandat de maire dans un prétoire. »
À neuf jours du premier tour des municipales, la liste d’Agnès Langevine et Annabelle Brunet a donc reçu à Perpignan les derniers soutiens d’ampleur. Quelle sera la place de cette liste ? Réalisera-t-elle un score capable de peser dans la balance et le débat ? Sachant qu’il y a aussi la liste de gauche de Mathias Blanc, dont le nom n’a en revanche jamais été évoqué lors du meeting. Pour Raphaël Glucksmann, « l’échec de Monsieur Aliot et du Rassemblement national doit se traduire en échec dans les urnes. Je suis sûr que la liste d’Agnès Langevine et d’Annabelle Brunet sera une surprise démocratique d’ampleur au soir du premier tour et qui permettra de créer une dynamique et d’apporter un espoir qui rend heureux à tout le pays en se disant qu’on les a renversés. »