Pour une école qui donne à chaque enfant les moyens de réussir
Mes chers amis,
Les conclusions de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant confirment une conviction que je porte depuis longtemps : l’organisation actuelle des rythmes scolaires n’est pas adaptée aux besoins de nos élèves.
Le sujet est central : l’école dispense des enseignements universels dans un cadre identique pour tous. Plus les enfants passeront du temps ensemble dans une classe, une cour, un équipement sportif ou culturel, encadrés par des enseignants bien formés et bien rémunérés, plus ils seront égaux devant l’apprentissage et plus la mixité sociale s’installera.
Depuis quatre ans, je propose le retour à la semaine de quatre jours et demi, avec des journées moins denses, mieux rythmées, des temps de sommeil respectés et des vacances plus équilibrées. Nous sommes aujourd’hui le seul pays au monde à avoir instauré un mercredi sans école. Ce système creuse les inégalités. Cette évolution est une nécessité pour prévenir le décrochage et favoriser l’épanouissement de chaque enfant.
Aujourd’hui, la Convention citoyenne le dit clairement : ce chemin doit être exploré. Le débat sur les rythmes doit donc être sérieux, ouvert et surtout ambitieux. Il doit s’accompagner d’un engagement global : mieux accompagner les élèves les plus fragiles, reconstruire la mixité scolaire, garantir un enseignant devant chaque classe, refonder un véritable service public de la petite enfance.
La crise de notre système éducatif est profonde : plus de 3 000 postes de professeurs non pourvus chaque année, des classes trop chargées, un déséquilibre social insidieux entre les établissements, des enseignants moins bien rémunérés qu’il y a quarante ans et que leurs voisins européens… N’occultons pas non plus les 1 000 premiers jours, ceux d’une petite enfance fragilisée par des modes de garde pas toujours adaptés et trop souvent marchandisés. Les citoyens ont parfaitement saisi ces enjeux — ils attendent des réponses à la hauteur.
L’éducation devra être placée au cœur du projet présidentiel de 2027, j’y pendrai ma part. Le sujet ne peut rester confiné dans les enceintes parlementaires et les cénacles politiques : la communauté éducative, le monde économique, les élus locaux, les scientifiques spécialisés dans l’éducation et bien sûr les citoyens doivent y prendre toute leur place.
L’enjeu concerne toute la société. Pour une école qui donne à chaque enfant les moyens de s’émanciper et de réussir.
Carole Delga