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« Je suis attachée à préserver notre qualité de vie en Occitanie »

Publié le 12 avril 2026
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Carole-Delga-Midi-Libre
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Par Vincent Coste

Interview de Carole Delga publiée dans Midi Libre. 

Selon l’Insee, la région gagne 43000 habitants par an. Quels défis doit relever l’Occitanie ?

Gagner autant de nouveaux habitants est à la fois une chance et une responsabilité. Une chance, parce que cela donne un formidable dynamisme à l’Occitanie. Une responsabilité, parce qu’il faut que cette croissance se fasse dans de bonnes conditions. Donc, tous les jours, un défi prioritaire: créer de l’emploi.

25000 postes doivent être créés ici chaque année, pour que le taux de chômage n’augmente pas. En soutenant nos TPE, nos PME, nos industries, la production agricole, en partenariat public et privé. Il faudrait que le gouvernement aide plus ces territoires qui accueillent toujours plus de population. C’est le sens du combat que je mène actuellement pour sauver le dernier grand fabricant de pâte à papier en France, Fibre Excellence, et ses 700 emplois en Haute-Garonne, dans le Gard et les Bouches-du-Rhône.

En étant visionnaire et en investissant aussi dans des industries d’avenir, par le soutien financier, par l’accompagnement technique ou en étant actionnaire. C’est notre stratégie en faveur de l’éolien flottant au large du littoral ou de l’hydrogène vert, avec Genvia à Béziers et ArcelorMittal à Saint-Chély-d’Apcher, où je me suis rendue cette semaine avec Jean Castex.

Dans un tout autre registre, je pense à la filière des industries culturelles et créatives en pleine expansion, qui compte aujourd’hui plus de 10000 salariés (soit autant que le secteur du spatial) et qui a doublé en dix ans.

Je le dis avec gravité: l’Éducation, de la petite enfance jusqu’à l’université, doit redevenir une priorité de notre pays.
Carole Delga

Un autre défi majeur ?

Je suis attachée à préserver, en Occitanie, notre qualité de vie. La puissance publique doit garantir l’accès aux services essentiels dans nos territoires, urbains comme ruraux. Bien sûr, l’école et aussi la santé, dont j’ai fait un cheval de bataille de ce mandat.

La Région recrute des médecins, 120 depuis 2022: ce qui a permis à 35000 patients de retrouver un médecin traitant ou un spécialiste. Nous allons continuer à amplifier et tenons nos promesses.

La France devrait perdre 1,7 million d’élèves d’ici 2035. Cela doit-il s’accompagner de fermetures de classes ?

La baisse démographique est une réalité. Elle impacte bien sûr nos écoles, prioritairement. Mais elle ne doit en aucun cas justifier des décisions uniformes imposées d’en haut, des regroupements d’école dans le rural ou servir d’argument à l’État pour supprimer autant de postes.

Le président de la République s’était engagé en 2023 à garantir un enseignant devant chaque classe: on en est très loin. Trop d’enfants sont sans professeur plusieurs mois par an! Je le dis avec gravité: l’Éducation, de la petite enfance jusqu’à l’université, doit redevenir une priorité de notre pays.

Sur la hausse des prix des carburants, l’exécutif doit-il aller au-delà des aides qu’il propose, notamment pour les agriculteurs et les pêcheurs ?

Il faut être réaliste: la France est dans une situation budgétaire difficile et on ne peut pas faire des chèques essence pour tout le monde. Il faut bien cibler les aides: celles annoncées, notamment pour les agriculteurs et les pêcheurs, vont dans le bon sens mais restent insuffisantes financièrement. Je demande au gouvernement que les métiers de la santé et du soin, les artisans et le BTP soient pris en compte. Il faut aussi un geste pour les habitants de la ruralité, qui n’ont pas accès aux transports publics. Pour les transports urbains, il faut proposer des tarifs à un euro, comme je le fais pour le train.

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