Edito

8 mars : Femmes, vies, libertés

Publié le 09 mars 2026
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Le 8 mars, on ne fête rien. On compte. On compte les corps. Les noms. Sandy. Inès. Tatiana. Maria. Mathilde. Christelle…

On compte les excuses qu’on leur a faites, à eux. Les hommes qui ont appuyé, frappé, étranglé. On compte le nombre de fois où elles avaient prévenu, où elles avaient demandé de l’aide, et où le monde avait regardé ailleurs. Malgré les plaintes, les bleus, les cris, le manque de mots aussi…

164 en France en 2025. Le chiffre le plus élevé depuis dix ans. Mortes parce que femmes. Juste en France. Juste les noms qu’on a réussi à arracher au silence.

En Iran, elles marchent les cheveux au vent et on les tue pour ça. Mahsa Amini avait 22 ans.

En Afghanistan, on leur a fermé les écoles, le travail, la rue, l’air.

Ailleurs, on leur vole le droit d’avorter et on les laisse mourir d’une grossesse qu’elles n’ont pas choisie.

Partout, on trouve une façon. Partout, il y a une loi, un homme, une tradition pour faire rentrer les femmes dans l’ordre ou les faire disparaître. On fait mourir les femmes pour donner la vie. Relisez cette phrase.

Et puis il y a Gisèle Pélicot. Comment ne pas penser à elle aujourd’hui ? Elle qui a tout dit, à voix haute, devant tout le monde. Entier. Pour que personne ne puisse plus dire qu’il ne savait pas. Pour que la honte change enfin de camp.

Ce n’est pas une fatalité. C’est un système. Construit, entretenu, défendu. Et il peut être défait. Le 8 mars n’est pas une journée de célébration. C’est une journée de résistance, une cicatrice, un héritage. Dans leur chair d’abord. Dans la nôtre, toujours. Nous résistons pour nos droits. Pour les femmes, pour ces vies, pour nos libertés.

Carole Delga

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